Thème
Si l'art ou la
littérature se sont toujours nourris du désordre du monde et de ses effets de
dispersion, cela a toujours été pour mieux réorganiser le réel dans des formes.
Les palais géométriques de Piero della Francesca ou les scènes apocalyptiques de
Jérôme Bosch ne sont jamais que le reflet formel de représentations idéales ou
édifiantes. Or il semble que la postmodernité ne réclame plus de l'art de maîtriser
et d'ordonner le réel décousu. Le foisonnement du monde, d'une part, conduit à
des projets d'oeuvres globales - tentant de totaliser ou de croiser les savoirs,
les mythes et les technologies (Olivier Cadiot, Pierre Alféri, William
Gaddis, Thomas Pynchon, Jon Barth) -
et, d'autre part, génère des oeuvres de portée plus intimiste, où l'écriture et le
sujet sont les protagonistes de la création (Hélène Cixous, Frédéric-Yves
Jeannet, Donald Bartheme, Benjamin DeMott). Nous proposons de soumettre à votre
réflexion l'étude de ces deux tendances antagonistes dans la littérature ou
l'art.
Prochain numéro : Le secret. -- Voir rubrique
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